samedi 3 avril 2010

volontariat, ong et communauté internationale

Suite aux questions de certains sur mon sentiment de l'aide occidentale sur place, voici un melting-pot de quelques réflexions de ces deux derniers mois:

En discutant avec mon chargé de mission il y a trois semaines, on parlait de l’échange d’expérience lors du retour de mission. Et tout en parlant, je me suis rendu compte à quel point le retour de volontariat pourrait être difficile. Difficile parce que, comme on nous l’avait annoncé lors de la semaine de formation, personne n’est vraiment à même de nous écouter puisque n’ayant eu même pas vécu cette expérience. Mais peut-être aussi assez particulier pour les volontaires revenant de Madagascar car comme il me l’expliquait, lors des w-e retrouvailles MEP, on voit toujours deux groupes se former : les volontaires de Mada… et les autres. En d’autres mots, on ne peut discuter de nos missions qu’avec ceux qui ont vécu à Madagascar. Comment l’expliquer ? Peut-être parce que Mada n’est pas totalement l’Asie. La mentalité est tellement particulière ici… Elle a ce mélange de joie et de fatalité qui est assez frappant. Pour donner un exemple concret de la difficulté d’être compris, je me faisais une réflexion il a quelques jours en regardant facebook. Je voyais une de mes amies faisant de la pub pour une action humanitaire à Madagascar. Et inconsciemment je me suis dit en moi-même que jamais je ne donnerais le moindre centime pour des projets humanitaires à Mada. Et je me suis rendu compte tout à coup à quel point ma réflexion était scandaleuse ! Scandaleuse oui, …. pour des européens n’ayant pas vécu sur place (on pourrait me traiter d'esprit colonialiste que je ne m'étonnerais pas). En réalité, les seuls projets qui me plairaient de cautionner seraient des projets d’éducation, mais encore, sous des conditions particulières. Serait-ce la vue des réalités du terrain face à ces aides extérieurs, où est-ce la vue de la réalité de la mentalité malgache qui me rende si hostile à tout projet occidentale sur place ? Sans doute des deux. La majorité des volontaires sur place vivent dans le luxe par rapport à la population local (moi en premier), et n’apportent en réalité qu’une plume par rapport à leurs objectifs initiales quand il ne cause pas plus de mal à la population local. Je crois qu’en réalité, au plus profond de moi, Madagascar ne pourra s’en sortir que par elle-même. Tout l’argent investit ici ne l’est qu’en pure perte et les rends complètement dépendant. Je suis en fait outrageusement scandalisé par une bonne partie des ong présent (USAID est la pire que j’ai pu voir jusqu’à présent). Pire, quand je regarde le dédain et la supériorité avec lequel vive certain français ici sur place (dsl pour les français, mais c’est le seul exemple que j’ai sous les yeux ;-)), j’ai vraiment honte d’être européen. Concernant l’Eglise sur place, je crois qu’elle n’est pas non plus toute blanche, mais au moins, elle essaye de toute ses forces, chaque diocèse selon sa philosophie, d’apporter une aide réelle à la population (c-à-d point de vue spirituelle et point de vue de l’éducation). Par contre, la question de l’argent et de l’apparence de l’institution restant pour moi par contre un pierre d’achoppement avec laquelle j’aurai toujours des difficultés. Quand à la communauté internationale, quand on voit la manière avec laquelle elle gère la crise politique sur place, c’est tout simplement scandaleux. Tel un rapace (et je peux vous assurer que certains pays européens, garant soit disant des droits de l’homme et de la démocratie, ont ici les mains bien sale), elle pipe les dés pour assurer à certains politiciens véreux d’avoir accès aux pouvoir en échange que ces derniers ferment les yeux sur les pillage des ressourcent naturelle par les occidentaux (et de plus en plus aussi par l’Asie).

Bref, que retenir de tout cela? Tout d'abord que l'occidental véhicule une fausse image de richesse qui rend dès le départ les rapports avec la population local biaisé. (Et pour cela, l'Eglise ne fait rien pour arranger les choses). Ensuite, je ne crois plus dans les projets humanitaires si il n'existe pas à côté une réelle prise en compte de la formation de la population local. Des projets que j'ai pu voir, aucun n'est jusqu'à présent resté opérationnel sitôt les occidentaux partis... Quid de mon volontariat? Est-ce que ma présence apporte-t-elle finalement quelque-chose? Oui et non. Oui car il y a clairement des progrès en français mais quand à faire changer un peu les mentalités, on reste vazaha et quoi qu'on dise, j'ai l'impression qu'il n'en feront jamais qu'à leur tête ;-) Heureusement, cette expérience n'en demeure pas moins riche pour moi et malgré parfois des déceptions, c'est un peuple qui est absolument attachant.

3 commentaires:

  1. Bonne fête de Pâques !

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  2. Nous en sommes arrivés aux mêmes conclusions. J'ai envie de dire dommage (pour Madagascar).
    Pour le retour, c'est vrai, c'est tellement différent qu'il faut le vivre comme une expérience "pour soi" même si je déteste l'égoïsme de cette expression. Mais il y a aussi un trésor de richesses à découvrir en discutant avec certaines personnes. Je te souhaite de les trouver à ton retour.

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  3. Bonne fête de Pâques à vous deux. ;-)

    Pour ce qui est du retour, on verra, c'est juste que beaucoup de volontaire m'ont dit de me préparer à quelques difficultés lors du retour en Belgique ;-) Mais je me doute qu'il y a toujours moyen de s'enrichir des expériences de chacun.

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