Depuis vendredi dernier, les vacances ont poussé leur bout de leur nez. Contrairement à Noël, point de grand déplacement puisque le séminaire restera mon lieu de villégiature, occasion rêver pour partir un peu à la découverte de mon diocèse. Si la ville d’Ambatondrazaka et ses alentours immédiats représentent bien peu d’intérêt (Ambatondrazaka, morne plaine), les abords escarpés de la plaine m’ont plus d’une fois titillé ma curiosité. C’est pourquoi depuis trois jours, je me suis lancé dans des après midi rando. Et en effet, quel changement de paysage à moins d’une heure de marche de la ville, véritable plaisir pour les yeux, des collines immenses à perte de vue me font rappeler les paysages grandioses du Seigneur des Anneaux. Se promener de crête en crête avec comme seul présence un petit vent frais, il n’en fallait pas plus pour transformer un programme découverte en pur moment de bonheur. Pour l’instant, ses premiers après-midi se sont déroulés dans une certaines solitudes, mais je pense entraîner sitôt la rentrée, les propédeutiques avec moi, histoire d’avoir un cours de français qui sort quelque peu des locaux de l’évêché. En contrebas des collines, les petits villages se succèdent dans un rythme régulier. Bien que proche de la ville, on entre aussitôt dans un univers différents, celui de la pauvreté matérielle. Plus de voitures, peu de maison en dur, l’état des habitants reflète également ce changement. La majorité des enfants rencontrés étaient plutôt habillé avec de vieux vêtement crasseux quand il ne se promenait pas tout simplement en pseudo-slip. Les adultes quand à eux à peine mieux vêtu. Pour autant, ces villages, ne manquent pas de charme et bien souvent, j’ai regretté de ne pas disposé d’un appareil photo. Le chemin en terre est également une aventure en soi. Entre, partie sèche, visqueuse ou carrément coupé par l’eau, je me suis retrouvé à deux reprises les pieds empêtrés dans la boues jusqu’à mi-mollet à la grande joie des enfants ! Heureusement que les cours d’eau abondent ici pour se décrasser ! Durant ces escapades, au cours d’une petite ascension, j’ai également eu l’occasion de saluer trois tailleurs de pierre d’un certains âge percher au dessus du vide. Le travail bien que loin d’être facile n’empêchait pas ces vieux paysans de m’aborder avec un immense sourire édenté ;-) Il faut dire que la vue de leur lieu de travail ne pourrait jamais être rivalisé par les plus haut gratte-ciel du monde. La marche, contrairement aux autres moyens de locomotion, offre aussi l’occasion de discuter un peu avec les habitants. Mon malgache hésitant, me permet de me faire un petit peu comprendre. Par contre, arriver à discerner ce qu’ils me disent est une autre paire de manche. Mangeant à moitier les mots, ça devient vite le parcourt du combattant sitôt qu’on tombe sur quelqu’un d’un peu prolixe, trop content de parler à un vazaha. Heureusement, discuter avec les enfants est beaucoup plus facile à conditions qu’ils ne s’enfuient pas en vous voyant arriver (Et oui, pour les petits, les vazaha blanc sont des dévoreurs d’enfants :D). Ils sont d’une patiente d’ange, près à te faire répéter mille fois un mot jusqu’à ce que tu le prononces bien et sans aucune pitié quand tu fais des fautes, j’ai trouvé ici les meilleurs professeurs du monde…
mardi 30 mars 2010
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