Cette semaine, j'ai également été frappé par certaines réalités brutales du pays. A l'occasion du jubilé du diocèse (50 ans), l'évêché a organisé une grande fête le w-e passé. Ce fut l'occasion de réunir nombres d'évêques du pays et de prêtre de l'ensemble du diocèse. Certains grands séminaristes étudiant à Tana, avaient également fait le déplacement pour revenir au sein de leur diocèse pour le w-e. Ces séminaristes ont été accueilli au petit séminaire qui avaient été leur maison durant leurs années de lycée. Le samedi soir fut ainsi l'occasion d'entendre le récit de ce qu'ils avaient vécu au sein du petit séminaire il y a des années. S'exprimant bien en français, c'était aussi pour moi le plaisir de pouvoir avoir de nouveau des discussions normales en français. Le w-e c'est excessivement bien déroulé et lundi matin, tout le monde avait repris le chemin du retour. Il y a deux jours, j'ai cependant appris qu'un des grands séminaristes qui était venu à Ambatondrazaka venait d'être hospitalisé en urgence à Tana. En trois jours il avait perdu
Ce qui me frappe le plus la dedans, n'est tant soit pas qu'un jeune puisse ainsi être si rapidement rattrapé par la mort, que la réaction des gens face à cette mort sans doute imminente. Ce que je veux dire par là, c'est que pour moi, avoir rencontré cette personne il y a à peine une semaine en pleine forme et apprendre 4 jours plus tard qu'elle risque de ne pas s'en sortir du à une maladie foudroyante, ça me remue profondément. C'est ici que je vois qu'en tant qu'européen, on a pas la même relation face à la mort. Chez nous, la mort est souvent cachée, on en parle peu et la société fait tout pour masquer cette mort. Le culte de la jeunesse éternelle n'en est-elle pas le meilleur exemple? Par contre, ici, la mort est quelque chose de naturel contre lequel on n’a pas à s'indigner. Tout comme la naissance ou le mariage, la mort fait partie du cycle de la vie. Cela ne veut pas dire qu'on ne pleure pas, mais tout le monde vit la relation avec la mort dans son quotidien. Là ou l'occident cache la mort jusqu'au dernier moment, ici, la mort côtoie la vie dans une sérénité apparente. J'ai ainsi pu assister il y a trois semaines au baptêmes d'un dame au seuil de sa vie. Etant atteint d'une maladie incurable en phase terminale, son baptême eu lieu chez elle. Quelle paix et quelle sérénité j'ai pu y voir. Toute la famille était la priante. C'était débordant de simplicité et d'une beauté à en donner les larmes aux yeux. Je ne pourrais pas encore expliquer ce que je tire de ces expériences, mais je pense qu'il y a une certaine vérité et une certaine justesse face à ce passage qu'on ne connaît plus en Europe
Quel plaisir de lire ces nouvelles ! Je vois que la musique t'a rattrapé !
RépondreSupprimerOn ne se change pas lol ;-)
RépondreSupprimerJe suis frappé, cher Damien, par le contraste dans cet article: le chant - et la mort... Pour le chant, ça a vraiment l'air d'une bouffée d'air dont tu avais besoin - quand on lit ce que tu dis de tes cours de français: tant de travail pour aussi peu de résultats sensibles ! Mais peut être les malgaches, comme souvent les africains paraît-il, demandent-ils un peu de temps pour accorder leur confiance ? En tous cas, chanter ensemble, selon la Bible, c'est le début de la vie éternelle - avec le banquet de fête: pour ce secondf aspect, on dirait qu'il faut un peu attendre...
RépondreSupprimerEt puis la mort... oui, chez nous elle est toujours un drame, plus qu'ailleurs. pourquoi ? Parce que nous donnons plus d'importance à la vie individuelle ? Parce que nous n'avons pas une confiance profonde dans le mouvement du monde et du temps ?
Pardonne moi ces philosophades/philosopheries... C'est ma manière de te dire que le coeur est à l'écoute ! Guil
Ne t'inquiète pas pour tes philosopheries, comme tu vois, je ne me suis pas gêné non plus dans mon post ;-)
RépondreSupprimerLe chant fait en effet partie de mes petits bonheurs quotidiens. Mais ce n'est pas le seul ;-) Concernant le français, je ne dirais pas que les difficultés sont dû à un problème de relation avec moi, mais plutôt peut-être dû à un certaine forme de rejet de la langue française, signe encore visible de la période colonialiste. Ici, le sentiment anti-colonianisme reste encore très fort ancré et souvent sans qu'il s'en rende compte. Un autre problème provient également des autres profs malgaches: Ces derniers donnent souvent cours en français (ils n'ont pas le choix, tous les manuels sont en français), mais quand je lis les notes prises par les élèves, je remarque que les professeurs font en fait énormément de fautes de syntaxe. Dans ses conditions, c'est difficile de pouvoir espérer une grande amélioration. ;-)
Dam