lundi 9 novembre 2009

Rencontre volontaire


Première semaine passé en dehors d'Ambatondrazaka depuis mon arrivée fin septembre. Je suis allé à Antsirabe pour la rencontre des volontaires d'organisation catholique. Fautes de vacances scolaires, beaucoup de coopérants n'ont malheureusement pas pu venir et nous nous sommes retrouvé une petite quinzaine. Finalement, ce n'était pas plus mal et se fut une véritable bouffée d'oxygène pour moi. N'entendre que du Français fut, je dois l'avouer, fort reposant. Ce fut surtout l'occasion d'échanger nos expériences sur la mission et sur l'Eglise de Madagascar. Il y aurait beaucoup à dire, mais faute de temps, je réserverai cela pour les prochains blogs. Aujourd’hui, je vais vous parler quelque peu du voyage. Antsirabe est en fait une ville au Sud de Tana à 3h de route. Le voyage fut une expérience en soi car le taxi-brousse qu'on a pris (j'étais avec un volontaire mep de Moramanga) nous a réservé quelques sympathiques surprises. Tout d'abord, il nous a fallu choisir notre Taxi à la Gare routière de Tana. D'Europe, la tâche ne semble pas très compliquée, mais ici, il en fut tout autre. Tout autour de nous, les chauffeurs nous encerclait et nous bousculait, criant ou nous arrachant des mains nos bagages, pour nous forcer à choisir leur taxi. De guère las, j'ai laissé Xavier choisir. Et nous voila donc parti vers un taxi d'une rassurante apparence. Arrivé au minibus, on remarque que contrairement à ce qui avait été annoncé, il n'était pas du tout rempli et qu'il fallait encore chercher 6 autres clients à mettre dans la « bétaillère ». L'affaire d'une demi-heure... ou du moins mon compagnon de voyage le croyait-il. Ayant contrairement à lui une petite expérience des taxi-brousses, j'étais résigné à attendre le temps qu'il fallait (une heure et demi) et je m'installa confortablement sur mon siège. Au fur et à mesure du temps, le taxi pris peu à peu son quota de passager et ce n'est qu'un quart d'heure avant le départ que le chauffeur sortit de son siège, sa boîte à outil et ... un jeu de plaquette de frein. Pendant, que Xavier allait regarder effaré le chauffeur remonter les freins de la voiture sur les roues arrières, je pensais aux aventures de Barthélemy et des autres coopérants. C'est sur, on m'avait tellement mis en garde sur les bricolages des voitures, que je n'y ai finalement prêté qu'une attention très secondaire. Pour voyager à Madagascar, il n'y a pas le choix: il faut apprendre à rester serein en (presque) toute situation, et à faire confiance aux chauffeurs. Alea jacta est, nous voilà donc partit vers Antsirabe. Ayant eu le coup lors de l'arrivée à Tana, j'ai soigneusement laissé à Xavier la banquette du milieu pour me mettre côté fenêtre. D'un confort très relatif, cette planche de bois démoli peu à peu les fesses de son malheureux passager. Bien que j'aurais pu faire preuve de charité chrétienne, je dois avouer qu'ayant eu le coup le matin, je n'étais absolument plus enclin à me sacrifier une nouvelle fois. Après une heure de route le ciel se chargea peu à peu de lourd nuage pour d'un coup laisser tomber un rideau de pluie transformant la route en une véritable patinoire. Le chauffeur leva le pied et nous continuâmes prudemment le trajet. Après dix minutes d'une pluie intense l'arrière du minibus commença à s'agiter. Un bref coup d'oeil en arrière, nous permîmes de comprendre la situation. Un filet d'eau coulait du toit sur la tête d'un passager. La situation aurait pu être comique si la passagère aurait pu changer de place. Mais comme le minibus était plein à craquer, elle a du se positionner cahin-caha entre des valises et des passager pour échapper au déluge. Finalement, je commençais à regretter ma place côté vitre et j'ai regardé plusieurs fois inquiet le joint d'étanchéité du bord de fenêtre. Heureusement, mis à part quelques goûtes sur les orteils, je n'ai pas eu droit au rinçage en règle. L'arrivé à Antsirabe fut un soulagement. La pluie avait cessé et le soir grandissant, les nuages laissaient paraître ça et là quelques regards sur la voûte étoilée. La sortie du taxi fut comme le départ de Tana. Une marrée de pousse-pousse nous accostâmes pour nous amener à bon port. Le hic, c'est que nous n'avions aucune adresse, seul le nom du lieu nous étais connu: Le foyer de charité. Après quelques palabres, nous voilà embarquer chacun sur notre pousse-pousse. Si l'expérience fut assez surréaliste, je dois avouer que je n'étais malgré tout pas à l'aise. Se faire tirer par un homme m'a donné quelques soucis de conscience. Voilà deux semaines, j'avais lu le livre « la cité de la joie » et j'avais pu m'apercevoir des conditions des tireurs de pousse-pousse. Ca a un côté très humiliant pour eux, mais en même temps, c'est leur gagne pain... Après 10 minutes de courses, je me rends compte peu à peu que les tireurs pousse-pousse qui, selon eux, connaissait toute la ville par coeur, n'avait en fait aucune idée où il devait nous conduire:
  • Hôtel tompko?
  • Non non, foyer de la charité
  • Si si

5 minutes après:

  • Hôtel tompko?
  • FO-YER de la CHA-RI-TE
  • Si si

De nouveau deux minutes minutes après

  • Hôtel Diamand tompko?
  • Foyer de la charité. Ca-tho-lique
  • Hôtel catholique?
  • Non! Catholique, père, religieux (avec tout les signes pour m'expliquer).

Finalement comme il ne voyait pas du tout où ça pouvait être, je lui demande d'aller à la cathédrale. Nous arrivâmes donc après 25min de voyage à la cathédrale. Le reste du voyage se termina dès lors rapidement: Nous trouvâmes un père pour nous conduire au foyer et ce fut une véritable joie d'y trouver un lit moelleux avec un véritable drap et un vrai bon coussin.

1 commentaire:

  1. correction: c'était La croix du 6 novembre (accessible sur le net). Et voici le début de l'article (sur les volontaires Fidesco):

    Volontaires au nom de la foi


    À Madagascar, des volontaires Fidesco se mettent, pendant deux ans, au service du diocèse de Fianarantsoa. Jeunes célibataires ou parents avec enfants, agronomes ou kinésithérapeutes, témoignent de leur foi par leur professionnalisme


    Une volontaire au milieu d’ouvriers agricoles à Madagascar. Les attentes des bénévoles au plan personnel ou professionnel sont rarement déçues (Photo : LESEGRETAIN/LA CROIX).

    Il est à peine 7 heures. Le soleil matinal ne parvient pas à réchauffer l’air froid des Hautes Terres, au centre de Madagascar. Alignés devant l’entrée du Centre de formation rural (CFR) d’Andriamboasary, à 10 km de Fianarantsoa, une trentaine d’ouvriers agricoles entonnent un cantique en malgache. Au milieu d’eux, et avant de répartir les tâches, entre les mpiasa (ouvriers, en malgache), trois volontaires de Fidesco confient leur journée à Dieu. Car c’est d’abord pour témoigner de leur foi qu’Agnès, Virginie et Louis-Marie se sont engagés pour servir le diocèse de Fianarantsoa.

    Louis-Marie de Bourayne, qui vient de terminer l’Agro de Paris, est ici depuis un an. Il a en charge la gestion de la ferme-école : avec 26 vaches laitières (produisant 200 litres de lait par jour), 900 poules pondeuses et 25 hectares de cultures (cultures fourragères, vigne, rizière, orangeraie…), il ne manque pas de travail. « Mes attentes sont comblées, tant sur le plan professionnel que spirituel », témoigne-t-il, soulignant « la chance » d’avoir une chapelle au CFR.

    Virginie Persohn, arrivée ici il y a plus d’un an après l’école d’agriculture de Purpan à Toulouse, s’occupe de la fromagerie et de la pépinière d’arbres fruitiers. « Cela correspondait bien à l’idée que je me faisais d’un volontariat », sourit la jeune femme.

    Contribuer à faire évoluer les méthodes
    À la différence de la plupart des 170 volontaires de Fidesco s’engageant pour deux ans à travers le monde, Agnès Mignot, ingénieur agronome quinquagénaire qui assure la direction du CFR et de la ferme, est ici depuis quatre ans comme salariée, après avoir travaillé pour l’association au Cameroun et en Côte d’Ivoire. « Un statut exceptionnel », précise-t-elle.

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