lundi 28 septembre 2009

Quelques nouvelles

Je suis enfin arrivée mardi soir à Ambatondrazaka. Ville de 80 000 habitants, quel changement par rapport à Tana. On se sent vraiment dans une petite ville de province :-) Avant de vous décrire mes découvertes de ces dernier jour dans ma ville de résidence, j'aimerais vous commenter le trajet de Tana à Ambat qui vaut à lui seul tout un article (si pas deux).

Le voyage d'Antananarivo à Ambatondrazaka est un voyage à travers le pays qui montre plusieurs réalités sur la vie et les paysages des hauts plateau. Tout d'abord, on ne calcul pas un trajet en km à Madagascar mais en durée. Par exemple, pour couvrir les 250km qui me séparait d'Ambat, il a fallu pas moins de 10h de route en 4x4. Ici, le 4X4 est le seul moyen de parcourir le pays sitôt que l'on sort des voies goudronnées (qui sont peu nombreuse en regard de l'ensemble du réseau routier), surtout en saison des pluies.


Le premier tronçon fut la descente de Tana vers Moramonga. Ville carrefour entre la N2 Tana-Tamatave (Le grand port de Mada sur la côté est) et la N44 Moramonga-Ambatondrazaka, cette ville n'existe que par sa situation géographique dans le réseau routier Malgache. C'est une halte obligée pour tout routier souhaitant se restaurer et se reposer. La national 2 est composé d'une route goudronnée pas bien large pris d'assaut par les camions amenant vers la capitale l'ensemble des marchandises importés par bateau. Le dénivelé entre Tana et Moramonga est de 1000m et le temps de parcours avoisine les 2h pour une distance de 100km. C 'est une descente tout en lacet multipliant les passages entre cols et vallons. A plusieurs reprise, j'ai eu l'impression dans les vallons de traverser des paysages semblablent à ceux que l'on peut trouver dans la province du Luxembourg. On longeait ainsi quelque fois de petites rivières bien abrité du soleil par d'épaisse forêts. Mis à part l'essence de certains arbres, la ressemblance était frappante. Par contre, quand on prenait de la hauteur, c'était plutôt un paysage de montagne fait de roche et de touffe d'herbe déséchée par le soleil qui s'offrait à nous


Après un arrêt d'une heure pour dîner et rendre visite à l'évêque de Moramonga (et par la même à un autre volontaire MEP), on a piqué droit vers le nord sur la N44. Changement de décors... et de confort! Ici, le goudron laisse place à un piste en terre rouge. Tout l'enjeux est de pouvoir éviter au mieux les nids de poules sans pour autant quitter la piste. On est dès lors secoué dans tout les sens et je vous laisse imaginer qu'au bout de quelques heures de piste, le dos en prend un sacré coup. On dépasse jamais la troisième vitesse, souvent on est en deuxième quand on est pas en première pour effectuer le passage d'un trou plus conséquent. La piste, c'est un ballet régulier de 4X4, de taxi-brousse et de camion où une seul règle prédomine: lors d'un croisement, on reste sur le côté de la route où l'on se trouve. On se croise donc parfois par la droite, parfois pas la gauche. On se salue par klaxon, on s'avertit par klaxon, on communique par klaxon si bien que l'interprétation lors des croisements reste toujours suspendu à la bonne interprétation du conducteur d'en face. Reste les clignotants bien utile pour explicité ces intentions, bien qu'en plein soleil, ils sont d'une efficacité toute relative.

Le début du trajet fut un paysage de plaine sur près de 90km. A gauche comme à droite des rizières à perte de vue délimités dans le lointain par un ensemble de chaînes de montagne. Ponctuellement, ce champ de vision immense s'arrêtait net par la présence d'un sous-bois ou d'un village. Les maisons sont en terre, leur toit en roseau. Je sentis qu'on entrait vraiment dans le pays profond. De temps en temps, le 4X4 s'arrêtait pour s'engager sur de vétuste pont de bois permettant d'enjamber de petits ruisseaus.On coupait aussi parfois la ligne de chemin de fer reliant la région à la capitale. Cette ligne est elle aussi à l'image du pays: vétuste. Une seul voie étroite que les voyageurs ont depuis longtemps déserté. Trop lent, trop aléatoire. Seul un train de marchandise s'y risque encore aujourd'hui. Enfin, c'est au bout de 4h de piste que la plaine fit place aux collines.


Dès les premier tour de roue, ce fut la stupéfaction: A perte de vue, on pouvait voir les ravages de la déforestation. Celui de collines vierges de tout arbres avec comme seul végétation un océan d'herbe déséchés. Partout, on pouvait constater des affaissements de terrain produit par les pluies de la saison pluvieuse et des cyclones. Non soutenu par les arbres, je voyais des pans entier de terre rouge se détacher ça et là par l'action l'eau. J'avais du mal à m'imaginer que des années avant tout cela n'était que forêt. Et pourtant bien que la vue portait loin, pas moyen de trouver une colline ne fut-ce que partiellement boisée. C'est ainsi qu'entre 1960 et aujourd'hui, le pays a perdu plus de 50% de sa surface boisée! Bien que cette vision fut un véritable électrochoc, ma suprise ne s'arrêta pas la. A peine la nuit tombée, j'apperçus au loin un rougeoiment. Au détour d'une colline, à moins de deux km j'assistais en réalité au départ d'un feux de brousse. Minutes après minutes, on pouvait voir les arbres s'embraser les uns après les autres. Lentement mais sûrement, une vallée encore quelque peu boisée partait en fumée. Pourtant dans la voiture, personne ne semblait y prêter une grande attention. C'est une maladie courante dans le pays. Et de fait, partout où mon regard se posait sur l'horizon vallonnée, on pouvait y voir au loin d'autres lueurs rougeâtres éclairer le ciel. Ces feux de brousses, causés par l'homme, termine en fait de ravager la nature. Utilisés pour nourrir les Zébus, pour avoir du charbon où pour effectuer plus facilement des prélèvements de roche par les prospecteurs miniers, il met un terme définitif à tout espoir de voir un jour une nouvelle forêt renaître en cet endroit.


C'est enfin, après 7h de piste, que j'arriva à Ambatondrazaka. Une ville partiellement dans le noir conséquence du prix trop élevé de l'électricité. Au centre de la ville... la central électrique... au fuel! Quand on connait la richesse de la région, le choix des solutions techniques des élus de la ville posent question. Je crois qu'en fait, je n'étais pas encore au bout de mes surprises...

2 commentaires:

  1. Cher Damien:je viens de lire ton voyage de Tana à Ambra. Comme je vois, tu vas de découverte en découverte. Ici tout va bien. Nous t'embrassons et te remercions pour les news. Dany

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  2. merci de nous faire partager cette découverte de cet étonnant pays; dominique

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